La légende des Verts de l’AS Saint-Etienne mise en chanson par deux Clermontois

Qui c’est les plus forts ? Deux Clermontois qui viennent de sortir une chanson à la gloire des Verts de 1976 que Janvion, Piazza et consorts ont officiellement adoptée comme hymne.

Ce sont deux jeunes quadragénaires. Le 12 mai 1976, ils n’ont pas connu la finale de la coupe des clubs champions entre le Bayern de Munich et l’AS Saint-Etienne. Pourtant Patrick Koclaym et Julien Frobert, deux Clermontois amis de longue date, savent parfaitement ce que représentent les Verts de cette époque. Le premier parce qu’il a notamment habité dans la préfecture de la Loire. Le second parce que son passé de footballeur (il a été gardien de but au Clermont Foot) traduit une passion pour le ballon rond qui ne peut ignorer ce que le maillot frappé du mot Manufrance a représenté.

L’hymne officiel de l’association Les Verts 76

En 1976, eux étaient sur le terrain. Et ils prennent, quarante-trois ans plus tard, toujours autant de plaisir à se retrouver. Il y a quelques jours Oswaldo Piazza, Gérard Janvion, Pierre Repellini, Jean-Marc Schaer étaient à Clermont-Ferrand. A raconter des anecdotes, à se brancher mutuellement. Mais ils étaient surtout là pour présenter “leur” hymne.

Car c’est une chanson qui a réuni tout ce petit monde. “La légende des Verts”. Patrick Koclaym remonte le temps. Pas jusqu’en 76. Il s’arrête en 2013, lorsqu’il rencontre Dominique Rocheteau. Puis Pierre Repellini, “le fédérateur et rassembleur”. Premiers contacts dans le monde des anciens Verts. Avant une idée qui a fait son bonhomme de chemin. Pour déboucher sur une chanson composée et écrite par Patrick Koclaym et Julien Frobert. Premiers accords pour faire de nouveau “rugir nos champions”.

C’est une légende, c’est un enfer. C’est le chaudron, le cœur des Verts.

« La chanson s’est faite en une rotation d’avion », concède Julien Frobert, l’ancien gardien de but qui a quitté le Clermont Foot en 2003, continué devant les cages de Thiers, avant de ranger ses gants et ses crampons. Aujourd’hui, il est stewart. Mais sa passion, c’est aussi d’être auteur-compositeur.

La maquette de la chanson a été présentée aux anciens Verts. Ils ont apprécié. Et l’ont choisie comme hymne de l’association Les Verts de 76, initiée par Robert Herbin, leur entraîneur de l’époque, et présidée désormais par Dominique Bathenay.

Avant d’être présenté à Clermont, le CD deux titres a été dévoilé à Saint-Etienne. En deux temps. Avec, à chaque fois, le même engouement. « C’est là qu’on peut voir que la légende est toujours présente. Les gens sont heureux de voir Pierre, Gérard, Oswaldo… Dans le foot, c’est rare une équipe encore aussi soudée plus de quarante après, explique le chanteur Patrick Koclaym. Leur cote de popularité, c’est bien simple, là où il faut moins d’une minute pour faire cinquante mètres, avec eux il faut une demi-heure. Tout le monde les interpelle. A Saint-Etienne, les jeunes ne peuvent pas vous dire qui portait le maillot vert il y a dix ans, mais ils reconnaissent ceux de 1976, même s’ils ne les ont jamais vu jouer.”

Oswaldo Piazza fait partie de ceux vers qui les regards se tournent. Et il est plutôt content de cet hymne avec “du pep’s”. Pour le défenseur argentin, « cette chanson représente ce qu’on a vécu sur le terrain. On était une équipe solidaire qui savait se surpasser, à l’image de la ville.”

Gérard Janvion laisse Oswaldo Piazza faire le show. « Il parle pour moi ». Mais quand le Martiniquais prend la parole, on l’écoute. “Nous, on a passé dix ans pour les uns, douze ans pour les autres au club. On a eu le temps d’aimer le club, la ville, les gens.”

« S’il y a du bleu blanc rouge sur le maillot, il ne faut pas oublier qui a gagné les titres… »

Un amour qu’il ressent toujours… Mais pas pour tout le monde. Il glisse quelques tacles aux dirigeants actuels, coupables de ne pas avoir conservé le lien avec la bande de 76. Gérard Janvion le concède : « Ça va un peu mieux ». Mais il aimerait quand même un peu plus de considération pour sa génération. « On ne revendique rien. On aimerait seulement pouvoir aller au stade tranquillement sans quémander un billet. S’il y a du bleu blanc rouge sur le maillot, il ne faut pas oublier qui a gagné les titres… »

Oswaldo Piazza est d’accord avec son ancien équipier. Mais ce qu’il veut retenir, c’est cette affection populaire qu’il ressent “comme une caresse”. “Et comment ne pas aimer une chanson faite pour toi ?”

Allez les Verts, Johnny Rep et les légendes

Les Verts avaient déjà eu leur tube, une chanson de supporters, signé Monty (allez, vous pouvez vous lâcher : « Qui c’est les plus forts, évidemment c’est les Verts… »). Johnny Rep (qui a porté le maillot vert de 1979 à 1983) avait, lui, été glorifié par le tube de Mickey 3D.

Mais au rayon discographie, ceux de 76 ont désormais leur hymne sous-titré “une légende ne meurt jamais”. Et, eux, sont toujours prêts à faire revivre cette légende. A coups d’anecdotes. Pierre Repellini se souvient de l’usine derrière les tribunes de Geoffroy-Guichard. “Les anciens nous avaient expliqué que, selon comment la fumée sortait, on allait gagner ou pas le match ».

Pierre Repellini, toujours lui, avec la complicité de Gérard Janvion se remémorant ce gardien du stade qui savait où taper avec une bar à mine sur la pelouse pour évacuer l’eau vers les galeries qui se trouvaient sous le terrain. Après tout la chanson ne dit-elle pas : 

Au fond des mines, une flamme s’illumine dans le chaudron. Entends-tu rugir nos champions ?

On repart quarante ans en arrière. Là où l’ASSE, dix titres de champions de France (entre 1957 et 1981) et six coupes de France (entre 1962 et 1977) au palmarès, a construit une grande partie de sa légende. Mise en chanson par deux Clermontois.